1 Adresse actuelle: 5024 avenue Ponsard, Montréal, P.Q. Canada H3W 2A7.
2 Adresse actuelle: CRDA Agriculture et Agroalimentaire Canada, 3600 Casavant O.
Saint Hyacinthe, Qué. Canada. J2S 8E3.
Auteur correspondant: Marcel Cailloux 5024 avenue Ponsard, Montréal, P.Q. Canada.
H3W 2A7. Tel: (514) 489 2052.
Mots clef: Osmorégulation, absorption d'eau, turgescence, excrétion d'eau,
hydrorégulation
Key words: osmoregulation, water intake, water excretion, turgor, hydrorégulation.
Immobilisation des protoplastes
Après l'élimination du milieu de macération par centrifugation à basse vitesse, 1 ml de
suspension de protoplastes lavés est conservés dans le milieu nutritif qui contient du
mannitol à 0,36 M comme agent osmotique. Il est solidifié par addition d'un ml du même
milieu chargé de gélose à 1,6% et maintenu liquide à 45 C0. Il se solidifie en se
refroidissant à la température de la pièce. Ces milieu solidifié contient les protoplastes,
alors immobilisés, et forme une couche d'environ un demi millimètre d'épaisseur dans une
boîte de Pétri de plastique de 60 mm de diamètre. Après un repos de 30 min qui permet aux
protoplastes de s'ajuster au nouveau milieu, il est possible de procéder à une expérience.
Toutes ces opérations se font dans des conditions stériles.
Immobilisation des protoplastes
Après l'élimination du milieu de macéretion par centrifugation à basse vitesse, 1 ml de suspension de protoplastes lavés est conservés dans uun milieu nutritif contenant du mannitol à 0,36 M comme agent osmotique. Il est solidifié par addition d'un ml du même millieu chargé de gélose à 1,6% et maintenu liquide à 45 Co.. Il se solidifie en se refroidissant à la température dew la pièce. Ce milieu solidifié contient les protoplastes, alors immobilisés, et forme une couche d'environ de millimètre d'épaisseur dans une boîte de Pétri de plastique transparent de 60 mm de diamètre. Après un repos de 30 min qui permet aux protoplastes de s'ajuster au nouveau milieu, il est possible de procéder à une expérience. Toutes ces opérations, sauf la suivante, se font dans des conditions stériles.
Mesure de l'absorption de l'eau
Un seul protoplaste immobilisé est choisi dans un Pétri pour son apparence vigoureuse et
l'absorption d'eau est mesurée par le changement de volume de ce dernier. Ceci est estimé
à partir de photographies prises pendant l'expérience. Pour chaque expérience huit photos
sont prises sur le même film 35 mm. D'abord une pour une échelle micrométrique, puis
une du protoplaste au temps zéro avant qu'il subisse un changement de milieu externe, et
ensuite aux temps 5, 15, 30, 60, 90, l20 minutes. Les protoplastes sont observés et
photographiés au microscope inversé (Zeiss, objectif 10 X et oculaire 15 X ) auquel est
adapté un appareil photographique 35 mm qui permet de prendre des photos pendant
l'expérience. Dans le but d'obtenir le contour de la cellule le plus contrasté possible, un
film Kodalith ortho type 111 (6556 ) avec révélateur approprié est utilisé.
Le changement de volume est calculé à partir du diamètre des protoplastes observé sur
l'image des négatifs. Donc, à la fin de l'expérience, le film est placé dans un
agrandisseur dont l'objectif est réglé de telle sorte que 200 micromètres de l'échelle
micrométrique photographiée corresponde à 200 millimètres sur un papier millimétré. Puis
le diamètre de ce protoplaste est mesuré avec précision sur ce papier et inscrit d'un trait.
Pour chaque image du protoplaste, deux diamètres perpendiculaires sont mesurés. Ceci
permet d'évaluer un diamètre moyen sur un plan et de se rendre compte de l'étendue d'une
déviation possible du protoplaste à la forme sphérique.
Puisqu'au départ les protoplastes ne sont pas tous de la même grosseur, leur diamètre
variant de 50 à 150 micromètres, il devient nécessaire de calculer leur changement de volume
en pourcentage du volume initial, ce dernier étant établi à 100 %. Pour chaque protoplaste,
le volume exprimé représente la moyenne de dix mesures. La différence significative entre
les volumes mesurés est analysée par le test t de student.
La pression osmotique de la solution dans laquelle baignent les protoplastes, ainsi que celles qui seront par la suite administrées à ces derniers, sont mesurées avec un osmomètre OSMETTE (Precision Systems Inc. Massachussets, U.S.A.). Ceci permet de calculer le volume des protoplastes selon la loi de l'osmose de Boyle et Van't Hoff (Lucke et McCutcheon 1932) lorsque ces derniers sont placés dans un milieu hypotonique.
Choix du matériel expérimental
Deux types de protoplastes sont choisis pour expérimentation: Le premier comprend des
protoplastes sains avec un noyau presque central, le cytoplasme formant un réseau bien
marqué de trabécules (Fig 1 a) où la cyclose est intense. Ces protoplastes sont capables de
division cellulaire. Le deuxième comprend ceux dont le cytosquelette est désorganisé. Dans
ces protoplastes, on n'observe pas de noyau ni de trabécules, donc pas de cyclose. De plus,
le cytoplasme est repoussé vers la périphérie, entourant une grande vacuole quasi centrale
(Fig 1b). Ils ont une durée éphémère et n'ont pas la capacité de se diviser, ni d'être le siège
de réactions physiologiques ordonnées, car ils sont morts. Il est impossible de stimuler
une cellule morte.
Cependant dans les expériences mesurant l'absorption d'eau par les protoplastes sous le seul effet d'un choc hypoosmotique, les deux types de protoplastes sont utilisés. Ces derniers sont soumis aux mêmes conditions expérimentales afin de comparer seulement leur comportement osmotique tels qu'ils sont. Pour étudier l'effet de stimulateurs de la phosphorylation oxydative sur l'absorption d'eau, ainsi que l'effet freinant d'un poison sur le cycle de Krebs ( dinitrophénol ou DNP ), seuls des protoplastes sains, ( au cytosquelette bien organisé) sont utilisés, car eux seuls peuvent répondre à un stimulus.
Protoplastes en milieu hypotonique
Pour provoquer un choc hypotonique, non dommageable aux protoplastes, 8 ml de milieu nutritif comprenant du mannitol à 0,28 M, sont versés à la pipette sur le milieu gélosé contenant les protoplastes immobilisés dans un milieu à 0,36 M. Cette opération est destinée à abaisser la pression osmotique externe aux protoplastes à 0,30 M, ce provoque un faible choc osmotique. Un seul protoplaste par Pétri est photographié sept fois sur une période de 120 minutes, et l'opération est répétée avec 10 Pétris différents par expérience.
L'effet de stimulateurs et d'un freinant sur la phosphorylation oxydative.
Dans le but de tester l'effet de ces substances, 10 ml d'une solution à très faible
concentration de ces substances (entre 10-4 et 10--9 M) de ces dernières dans le milieu
nutritif, sont déposés à la pipette sur la surface de la gélose contenant des protoplastes
immobilisés, et leur effet est observé pendant deux heures sur un seul protoplaste sain.
Jusqu'à ce moment, tout a été fait en conditions stériles. Les substances utilisées sont le
malonate, le pyruvate, l'ATP, le bromo ATP, et l'inhibiteur dinitrophénol. Cependant, au
cours des deux heures que durent les observations au microscope, le Pétri de 6 cm de
diamètre contenant le protoplaste choisi, est exposé à l'air libre, tout en étant partiellement
recouvert par l'objectif du microscope situé, à faible distance, directement au dessus, ainsi
que de son révolver un peu plus haut. La possibilité que les protoplastes, sous
expérimentation, soient contaminés accidentalement par des levures provenant de
l'atmosphère, ne peut être invoquée, car l'expérimentation est répétée 10 fois et chaque fois
avec un Pétri nouveau, et donc un protoplaste stérile. Les résultats vont toujours dans le
même sens.
L'absorption d'eau débute rapidement car elle est mesurable dès la première minute. À cinq minutes, une moyenne de 9 % d'eau a déja été absorbée. Puis, la vitesse d'absorption diminue graduellement pour atteindre à 90 min, un palier à 125 % qui se maintient par la suite (Fig 2).
L'absorption d'eau par les protoplastes morts, sous un choc hypotonique de 0,36 M à un de 0,30 M.
Ces protoplastes absorbent, au total, moins d'eau (volume final moyen 119 % (Fig. 2).
La différence entre les deux types de protoplastes est donc de 6 %, ce qui est statistiquement
significatif tel que le montre le test t de Student (P¾ 0,01). Quoique cette différence
semble relativement faible, elle représente une grande différence si on l'exprime en
micromètres cubes d'eau absorbée. Par exemple, à l'équilibre final d'absorption, pour
deux protoplastes de 84 micromètres (de taille moyenne), la différence entre les protoplastes
sains et les protoplastes morts, est de 26 327 micromètres cubes d'eau . Cela représente un
très grand nombre de molécules d'eau, ainsi qu'un nombre correspondant de molécules
d'osmolytes synthétisés dans les protoplastes sains, contribuant à retenir ces molécules
d'eau.
Notons qu'il existe une ressemblance marquée entre la quantité
d'eau absorbée par les protoplastes morts (1l9 %) et le volume d'un protoplaste
théorique (118 %) calculé par la loi de Boyle-Vant'Hoff qui s'exprime
par la formule suivante:
ou Ve est le volume final, Vo le volume du protoplaste dans le
milieu initial, Po la pression osmotique initiale du milieu externe,
et Pe la pression osmotique finale et connue du milieu externe. Ce pourcentage
théorique de 118 % démontre que leur gonflement est dû seulement
aux osmolytes préexistants dans ces cellules, tandis que la quantité
supplémentaire de 6 % absorbée par les protoplastes au cytosquelette
bien organisé est dûe à la capacité du cytoplasme
vivant de synthétiser de nouveaux osmolytes.
Effet du malonate sur l'absorption d'eau
Le malonate a été choisi parceque c'est un composé diphasique bien connu pour son action
sur le métabolisme. À forte concentration c'est un inhibiteur puissant du cycle de Krebs,
tandis qu'a faible concentration, il y prend part. Il devient du malonyl CoA, qui après
décarboxylation donne l'acétyl CoA et stymule ainsi le métabolisme. Il existe aussi un
deuxième type d'action du malonate. En présence de peroxydase et de Mn2+ il se forme
de l'oxaloacétate.
Lorsque la concentration de malonate dépasse le point de stimulation, l'acide malonique
bloque le cycle de Krebs en entrant en compétition avec la déshydrogénase succinique. Il
est donc capital d'établir la concentration stimulatrice et physiologique. Remarquez que les
écart-type ont augmenté considérablement en utilisant le malonate et les autres stimulateurs
du cycle de Krebs. Il en est aussi de même pour le DNP. La cause de ces écarts n'a pu
être déterminée. Par exemple, ce n'est pas le cas, théorique, de levures venant de
l'atmosphère pouvant se développer dans les Pétri en un peu moins de deux heures, car les
écarts se manifestent dès les premières minutes de l'expérience, avant que des levures
n'aient le temps de reprendre vie. Il existe aussi un autre type d'argumentation. C'est que
même avec le dinitrophénol, qui bloque toute réaction physiologique, donc la croissance des
levures, le même genre d'écart type s'observe (fig 6).
Effet du malonate sur l'absorption d'eau.
Le malonate a été choisi parce que c'est un composé diphasique bien connu pour son action
sur le métabolisme. À forte concentration c'est un inhibiteur puissant du cycle de Krebs,
tandis qu'à faible concentration il y prend part. Il devient d'abord du malonyl CoA, qui
après décarboxylation donne l'acétyl CoA et stimule ainsi le métabolisme. Il existe aussi
un deuxième type d'asction du malonate. En présence Mn 2+ il se forme de l'oxaloacétate.
Lorsque la concentration de malonate dépasse celle de la stimulation, l'acide malonique
bloque le cycle de Krebs en entrant en compétition avec la déshydrogénase succinique. Il
Il est donc capital d'établir la concentration stimulatrice.
Remarquez que les écart-type ont augmenté considérablement en utilisant le malonate et les
autres stimulateurs du cycle de Krebs comme en témoignent les graphiques. Il en est de
même pour l'inhibiteur DNP. La cause de ces écarts n'a pu être déterminée. Par exemple,
ce n'est pas le cas, théorique, de levures venant de l'atmosphère, pouvant se développer dans
les Pétri en moins de deux heures, car les écarts se manifestent dès les premières minutes de
l'expérience, avant que les levures aient le temps de revivre. De plus, ce qui nous confirme
dans notre argumentation, c'est que même avec le dinitrophénol, qui bloque toute réaction
physiologique, donc la croissance de levures, le même genre d'écarts s'observe (Fig.6 )
.
Effet du pyruvate 10-7 M
Le pyruvate fait partie de la glycolyse précédant le cycle de Krebs. Il suffit de le fournir à
des concentrations physiologiques légèrement supérieures à celles qui existaient dans le
protoplaste au moment de l'expérience, pour stimuler le cycle de Krebs. Le pyruvate à
10-7 M est la concentration la plus physiologique pour les protoplastes de Radis (fig 4). On
note que l'absorption qui s'en suit, ne dépasse guère 8%, ce qui pourrait paraître faible.
Cependant , il faut conssider que cette augmentation a lieu au dessus de l'activité à plein
régime des cellules étudiées. Il semble qu'il soit impossible, d'aller au delà de cette valeur,
sans provoquer une activité anarchique du métabolisme de ces cellules. Ce qui ne donnerait
pas, pour des raisons évidentes, d'absorption supplémentaire d'eau.
Effet du malonate 10-9 M
Cette concentration stimule la formation d'acétyl CoA et d'oxaloacétate, donc le débit
d'énergie du cycle de Krebs. Il en résulte que, dès qu'il est fourni, on observe une
absorption d'eau immédiate et rapide qui dure 60 minutes. Rendu à ce maximun, il n'y a
plus d'absorption nette d'eau. Il s'établit un palier qui pourrait durer tant que le stimulant
ne soit entièrement utilisé (Fig 3). L'augmentation d'absorption d'eau obtenue ne
dépasse guère 8%, ce qui peut paraître faible. Cependant, il faut considérer que cette
augmentatrion a lieu en surplus de l'activité en plein régime des cellules étudiées. Il semble
qu'il soit impossible d'aller au dessus de cette valeur sans provoquer une activité
anarchique du métabolisme de ces cellules, ce qui ne résulterait pas, pour des raisons
évidentes, en une absorption d'eau supplémentaire.
Effets de l'ATP 10-4 M et de bromo ATP 10-4 M
L'ATP est utilisé dans ce travail parcequ'il est le résultat ultime de l'action du cycle de
Krebs. Il est la source d'énergie qui sert à la synthèse de tous les composés organiques
essentiels à la cellule, dont les osmolytes responsables de l'osmose.
Au point de vue expérimental, le plasmalemme est très peu perméable à l'ATP et, de ce fait,
il ne pénètre que lentement et en faibles quantités dans les protoplastes. En conséquence,
son application en milieu externe n'a que peu d'action sur le métabolisme. Il ne provoque
qu'une minime absorption d'eau, tandis que le bromo ATP, plus soluble dans le
plasmalemme grâce au brome qui lui est attaché, pénètre mieux. Même si c'est de l'ATP
modifié, il provoque une absorption légèrement accrue d'eau par rapport à l'ATP pur
(Fig.5). Cependant, les deux courbes ne sont pas stastiquement différentes. Cela prouve
tout de même que la quantité d'absorption d'eau dépend, en définitive de la quantité d'ATP
présente, qui elle-même, résulte de l'intensité de l'activité du cycle de Krebs.
Effet du 10-4 M dinitrophénol (DNP)
La phosphorylation oxydative est bloquée par le DNP, ce qui arrête toute synthèse dans la
cellule. Le turnover étant bloqué, il en résulte la disparition des osmolytes responsables de
l'osmose et, en conséquence, les protoplastes perdent leur eau. En 120 minutes, ils ont
perdu presque la totalité de leur eau libre, ne retenant probablement que celle qui imbibe
physiquement les colloïdes restants ( Fig 6) Tout cela implique la synthèse d'osmolites
provoquant l'absorption de l'eau, tout comme pour certains aspects de l'osmorégulation
découverte par Florkin en 1966. Depuis cette époque, de nombreux chercheurs ont montré
que les plantes, sous un stress de déficit en eau , deviennent le siège d'osmorégulation. Par
exemple, Van Rensburg & Kruger 1994, l'ont démontré avec le tabac; Urban et coll. 1994
avec le Rosier; Stoop et Pharr 1994 avec le Celeri, etc. Chaque espèce de plante produit des
osmolites qui lui sont propre. Ainsi, le fruit de Vitis vinifera (raisin), cultivé en
suspension de cellules et sous un fort stress en eau, produit de la péonidine 3 glucoside (
Cormier, Crevier & Do 1991), tandis que, chez d'autres sources végétales, ce peut être le
potassium, le glucose, ou une variété infinie de substances organiques. Tout dépend du
gène impliqué.
Ce travail montre qu'il est possible de faire varier, à volonté (à l'intérieur des limites d'inocuité des réactifs), le contenu en eau de protoplastes de Radis, en agissant sur le niveau d'ATP. Ceci correspond à ce que Cailloux 1972 a montré sur l'absorption d'eau par les poils absorbants. Cependant, tandis que l'osmorégulation est déclenchée par un déséquilibre osmotique entre le millieu externe et le milieu cellulaire, ce que nous appelons hydrorégulation c'est la modulation de la quantité d'osmolytes d'une cellule, réglée par l'intensité du métabolisme, et ne concerne que l'absorption de l'eau. Nous devons noter qu'Amodeo 1994 a déjà trouvé que les stomates d'Oignon s'ouvrent, sous l'impulsion de la synthèse de nouveaux osmolytes, provenant de la photosynthèse, ce qui présuppose déjà l'hydrorégulation. Commme l'osmorégulation a déjà été démontrée chez un grand nombre de plantes supérieures et inférieures, il est logique de conclure que l'hydrorégulation est aussi universellle. Puisque l'on sait, depuis fort longtemps, que le métabolisme ou bien la respiration, sont impliqués dans l'absorption de l'eau (voir Crafts et coll. 1949, chapitre V11 citant de nombreux travaux, et Cailloux 1972), la notion d'hydrorégulation que nous proposons, confirme et explique parfaitement ce qui a été trouvé par tant de chercheurs.
La découverte, d'un gène, qui contrôle l'osmorégulation, éclaire la chaîne des événements, qui ont lieu au cours de ce phénomène (Morgan, J.M. & Tan, M.K.1996). Cela montre que la synthèse d'osmolytes ne se fait pas au hazard. Ainsi, il a été tentativement montré, que chez le Blé, elle a lieu sous le contrôle d'un gène localisé sur le chromosome 7A. Cette découverte jette un éclairage nouveau sur la suite d'événements qui mènent à la synthèse d'osmolytes chez les différentes espèces. Par exemple, chez les légumineuses, sous l'effet d'un stress en eau, il se produit, à part la proline et la glycine bétaïne, de la trigonelline, qui possède un effet régulateur sur la division cellulaire. À la concentration de, 10-4 M à 10-7 M, cette substance provoque la naissance de noyaux en phase G2 (Tramontano, W.A. & Jouve, D. 1997). Ainsi, le stress en eau, agit sur la division cellulaire, par la voie de certains osmolytes qu'il conduit à produire.
Il est intéressant de noter que la proline, impliquée dans la résistance à la gelée, est synthétisée par osmorégulation selon Nolte, K.D. & Gage, D.A. 1997. Comme il n'est pas question de réaction découlant d'un déséquilibre entre le milieu osmotique externe et le milieu interne, mais seulement l'effet d'une variation de températur du milieu externe sur le milieu interne, c'est donc par ce que nous appelons maintenant hydrorégulation. Ainsi, le mécanisme de la résistance à la gelée, prend déjà naissance au cours de l'hydrorégulation provoquée par une baisse de température.
À la suite de notre recherche, un aspect à considérer, est que l'eau dans une plante, migre
vers le lieu où la métabolisme est le plus intense. Par conséquent, elle quitte les tissus aux
endroits où l'intensité du métabolisme décline. En effet Cailloux 1972 ainsi que Ahmad et
Cailloux 1972 ont montré que la perte d'eau par un poil absorbant peut être causée par des
facteurs aussi variés que le CO2, le malonate et le pyruvate à concentration toxique, le
cyanure de potassium, l'azoture et le fluorure de sodium, ainsi que le dinitrophénol, tous des
composés qui bloquent ou diminuent l'intensité du métabolisme selon leur concentration.
Donc on peut conclure qu'un ralentissement de l'intensité du métabolisme, dû au
vieillissement par exemple, conduit à la perte de turgescence des cellules et des tissus. En
contrepartie, la turgescence provoquée par une grande intensité du métabolisme au cours du
printemps, peut atteindre une amplitude telle que, chez les cellules entourées de leur paroi de
cellulose, comme dans un arbre, sont collectivement assez puissantes pour fendre une
couche de béton de 10 à 15 cm d'épaisseur.
Fig 4.
Effet du pyruvate 10-7 M sur l'absorption d'eau par des protoplastes sains de tubercules de
Radis.
Fig 5.
Effet de l'ATP 10-4 M ( l ) et du bromo ATP 10-4 M ( n ) sur l'absorption d'eau par des
protoplastes sains de tubercules de Radis.
Fig. 6.
Effet du dinitrophénol 10-4 M sur la perte d'eau par des protoplastes sains de tubercules de
Radis.